Aurore Pantini
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Deuil après un suicide

Le deuil après un suicide.

Lorsque la personne disparue s’est donnée la mort par suicide, le deuil est particulièrement éprouvant pour l’entourage, souvent plongé dans l’incompréhension et demeurant avec les multiples interrogations qui restent en suspend.

Un deuil particulièrement difficile

Plus de dix-mille personnes meurent chaque année par suicide en France, laissant derrière eux un entourage frappé de stupeur douloureuse. Chaque deuil est unique, mais un deuil après suicide est particulièrement difficile. Des études ont montré qu’un suicide exposait l’entourage endeuillé à des taux de dépression, de maladie, d’accident, voire de tentative de suicide et de suicide bien supérieurs à ce qu’ils sont dans la population générale.

Que la personne disparue soit jeune (ce qui est fréquent, le suicide étant la première cause de mortalité chez les 15-35 ans), âgée ou en pleine maturité, le choc pour l’entourage est d’une violence extrême. Il frappe comme un coup de tonnerre une famille et des amis qui se reprochent de n’avoir rien vu venir ou de n’avoir pas su entourer suffisamment la personne qui a finalement choisi de mettre fin à ses jours.

Par ailleurs, le suicide représente une sorte de transgression des lois naturelles, qui a longtemps été stigmatisée par les religions et par la société. De nos jours encore, il existe comme une chape de honte sur le suicide lui-même, parfois encore sur la personne suicidée, voire sur ses proches, qui auront d’autant plus de mal à trouver du réconfort.

Le ressenti des personnes endeuillées après suicide

A l’annonce d’un suicide, les proches sont dans un premier temps frappés de stupeur, incrédules, en état de choc. Puis viennent les interrogations : Pourquoi, mais pourquoi a-t-il fait cela ? Sa vie était-elle intolérable à ce point ? Et moi je n’ai rien vu ou rien voulu voir. J’aurais dû, peut-être que j’aurais pu… La culpabilité est souvent présente. Mais la révolte et la colère pointent aussi le bout leur nez : Pourquoi n’a-t-il pas pensé au mal qu’il nous ferait ? Je comptais donc si peu à ses yeux…

Un suicide questionne douloureusement l’assemblée de ceux qui restent, il serait anormal qu’il n’en soit pas ainsi. Cependant, au fur et à mesure qu’on avance dans le deuil, on cesse de se torturer avec ces questions, on admet progressivement qu’elles resteront à jamais sans réponse.

Suicide et obsèques religieuses

Presque toutes les religions condamnent le suicide, même si elles ont cessé de condamner comme autrefois les personnes qui se sont suicidées. Aujourd’hui, les religions admettent que les personnes suicidées étaient dans un état de détresse tel qu’elles n’ont pas pu ou su trouver d’autre issue à leur mal. L’Église catholique, en particulier, prie aujourd’hui pour les personnes qui ont attenté à leur vie et leur réserve depuis 1936 (concile Vatican II) les mêmes obsèques qu’à tout autre défunt.

Par contre, dans la religion juive une personne suicidée, s’il est bien établi qu’elle avait une intention délibérée de mettre fin à ses jours et n’a pas agi sur une pulsion maladive, n’a normalement pas droit aux hommages traditionnels rendus au défunt.

Quelques partenaires qui vous aident à surmonter un suicide :

Phare Enfants-Parents : www.phare.org – Ligne d’écoute : 0810 810 987 – Email : vivre@phare.org. Prévention du mal-être et du suicide des jeunes : écoute téléphonique des parents en difficulté avec un enfant en souffrance et des parents d’enfant suicidé, forum de discussion. Groupe de parole pour parents endeuillés. Information et interventions en milieu scolaire.