Aurore Pantini
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Une mort écologique grâce à la résomation

Résomation

Technique encore très peu connue, la résomation pourrait pourtant se tailler une place grandissante dans divers pays du monde, dans les années à venir. Outre son aspect écologique, son coût pourrait aussi être très compétitif si la résomation se pratiquait à l’échelle d’un territoire.

La résomation : le passage du corps à l’état de poudre

La résomation se présente comme une alternative à la crémation. Encore très peu connue, cette technique consiste à dégrader la dépouille en la plongeant dans un caisson en aluminium contenant un mélange d’une centaine de litres d’eau et de potasse sous pression à PH 14.

Une fois les tissus dissouts dans cette solution chauffée à haute température, les os sont broyés dans un cremulator, la machine utilisée dans le cadre de la crémation.

En deux à trois heures, le squelette est réduit à l’état de poudre blanche (du phosphate de calcium) que les familles peuvent ensuite récupérer dans une urne si elles le désirent. Une technique finalement très proche de la crémation.

Un processus écologique

Ce processus est avant tout très écologique. Contrairement à la crémation, il ne génère ni gaz toxiques ni fumées : seule de la vapeur d’eau s’échappe du résomateur. De plus, il empêche le mercure, substance polluante et dont 16% des particules aériennes proviendraient de la crémation des corps, de s’échapper de la dépouille.

Le corps est dégradé en particules non polluantes (sels minéraux, acides aminés…) qui, réintroduites dans la nature, sont réassimilables par les plantes. Toutes les parties plastiques ou métalliques présentes sur le corps du défunt (prothèses dentaires, implants, pacemaker…) sont retirées avant résomation. De plus, les agents infectieux et traces de médicaments sont détruits.

Outre son aspect non polluant, la résomation permet une économie d’énergie puisque la machine ne chauffe qu’entre 150 et 170°C, contre plus de 1000°C dans le cas d’un four crématoire. Enfin, nul besoin d’un gros cercueil en bois avec cette technique : celui utilisé pour la résomation est en soie hydrolysable et se décompose au contact de l’eau.

A quand la résomation en France ?

Encore non introduite en France, la résomation a été mise au point en 2007 par le biochimiste écossais Sandy Sullivan. Sa première utilisation eut lieu en Floride en 2008, et s’est aujourd’hui répandue dans plusieurs états américains et au Canada.

Si l’investissement par machine tourne autour de 407 000€, le prix de la résomation d’un corps rivalise avec celui de la crémation (environ 450€). L’Europe a déjà acquis ce brevet et les Pays-Bas la rendent actuellement disponible sur leur marché.

Sans doute la résomation se développera-t-elle dans les années à venir, jusqu’à remplacer peu à peu la crémation.Une fin de vie envisagée par un nombre grandissant de personnes depuis les années 1980 et qui concerne aujourd’hui près d’un tiers des obsèques.

Restent à trouver des raisons plus humaines afin de promouvoir cette technique dont la seule étiquette est pour l’instant celle de l’écologie. Tout comme l’acceptation de la crémation fut un long processus, celle de la résomation pourrait aussi prendre de nombreuses années.